Dimanche, midi. Alors que les familles s’apprêtent à partager le repas, Cédric Neya, lui, entre dans une autre routine. Pendant plus de 36 heures, il ne mangera rien. Lorsqu’il reprendra son alimentation mardi à midi, ce sera essentiellement avec des fruits et des légumes. Depuis plus d’un an, il a également banni la chair animale de son alimentation. À cela s’ajoutent des milliers de squats et de pompes chaque semaine, ainsi que « La Marche de la vie », qu’il organise régulièrement au parc Bangr-Weogo. Portrait d’un homme qui a transformé la recherche de la santé en véritable mode de vie.

Une assiette qui a changé
Chez Cédric Neya, le changement ne se résume pas à une simple décision alimentaire. Il s’est progressivement installé comme une discipline quotidienne.

Depuis le 30 décembre 2025, il affirme avoir adopté une alimentation principalement composée de fruits et de légumes. Mais son engagement envers une alimentation sans chair animale est plus ancien. Au 3 août 2026, il déclarait être à 1 an, 7 mois et 1 jour sans consommer de chair animale, qu’elle soit terrestre ou aquatique : viandes, poissons, fruits de mer ou encore insectes.
Son quotidien alimentaire est désormais largement végétal.
Un choix qui peut surprendre dans un pays où la viande, le poisson et d’autres produits d’origine animale occupent une place importante dans les habitudes alimentaires. Pour Cédric, cependant, cette décision s’inscrit dans une réflexion beaucoup plus large : prendre soin de son corps avant que la maladie ne l’y oblige.
Du dimanche au mardi, son autre rendez-vous
La discipline de Cédric ne s’arrête pas à son assiette.

Chaque semaine, il s’impose une période de jeûne qui commence le dimanche à midi et se termine le mardi à midi, soit au moins 48 heures selon l’horaire qu’il décrit actuellement. Il présente cette pratique comme un rendez-vous régulier avec lui-même, destiné à sa santé et à sa vitalité.
Ce choix rythme désormais une partie de sa semaine.
Là où certains voient une privation, Cédric semble plutôt y voir un exercice de maîtrise de soi et de discipline.
Il ne présente d’ailleurs pas son parcours comme une simple question de nourriture. Pour lui, la santé repose aussi sur l’activité physique et sur la régularité.
13 340 squats, 7 920 pompes…
Les chiffres qu’il partage donnent une idée de l’intensité de sa démarche.
Dans l’un de ses posts, Cédric affirme avoir réalisé en une semaine 13 340 squats, 7 920 pompes, 30 minutes de chaise et 30 minutes de gainage.
Une performance qu’il présente avant tout comme un investissement personnel pour sa santé.
Dans sa routine quotidienne, il évoque également 2 020 squats et 1 200 pompes, auxquels s’ajoutent des exercices de chaise et de gainage.
Derrière ces chiffres, il y a surtout une idée qu’il répète : la santé ne devrait pas être considérée comme acquise.
« La santé semble être un acquis jusqu’à ce que nous la perdions, et quand cela arrive, la vie devient très lourde et très amère », écrit-il.
« La Marche de la vie », pour ne pas avancer seul
Mais Cédric Neya ne garde pas cette philosophie pour lui.

Régulièrement, il initie « La Marche de la vie » au parc Bangr-Weogo, où il retrouve des sympathisants autour de la marche et de la sensibilisation.
Dans cet espace vert emblématique de Ouagadougou, la démarche prend une autre dimension. Il ne s’agit plus seulement de ce qu’un homme décide de mettre dans son assiette ou du nombre de pompes qu’il peut effectuer.
Il s’agit de partager une vision de la prévention et du bien-être, et surtout d’encourager d’autres personnes à s’intéresser à leur santé.
Une philosophie née d’une inquiétude
Dans ses prises de parole, Cédric porte un regard critique sur la banalisation de la maladie dans les familles.
Il estime que la présence d’un proche malade est devenue tellement fréquente que la société finit parfois par considérer certaines situations comme normales.
Pour lui, cette fatalité apparente doit être combattue par une prise de conscience individuelle.
Son message est simple : prendre soin de sa santé avant de la perdre.
C’est cette conviction qui semble relier toutes les facettes de son quotidien : son alimentation, son jeûne, son activité physique et ses marches.
Un parcours qui interpelle
Le parcours de Cédric Neya peut susciter l’admiration, l’interrogation ou même le débat. Son mode de vie est loin d’être celui de la majorité.
Mais au-delà de la question de savoir s’il faut ou non adopter exactement les mêmes habitudes, son histoire pose une question plus universelle : que faisons-nous chaque jour pour préserver notre santé ?
Cédric, lui, a choisi une réponse radicale : modifier son alimentation, imposer une discipline à son corps, consacrer du temps à l’exercice et entraîner d’autres personnes dans sa démarche.
Son expérience reste la sienne et ne constitue pas, à elle seule, une recommandation médicale. Mais elle raconte quelque chose de plus profond : la volonté d’un homme de reprendre le contrôle de ses habitudes et de faire de la prévention une véritable philosophie de vie.
Et chaque dimanche, lorsque midi sonne, son rendez-vous recommence.
Pas de repas. Pas de chair animale. De la discipline. Et une conviction : la vie mérite qu’on en prenne soin avant qu’elle ne nous rappelle sa fragilité.


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