Dans plusieurs quartiers de Ouagadougou et d’autres localités du Burkina Faso, les discussions autour des problèmes de santé font de plus en plus référence au paludisme et à la dengue. Fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires… Ces maladies peuvent présenter des symptômes similaires, mais elles ne doivent surtout pas être confondues. Face à la circulation de la dengue, la vigilance et la sensibilisation des populations deviennent indispensables.

La dengue est une maladie virale transmise par la piqûre d’un moustique infecté, principalement Aedes aegypti. Ce moustique se développe dans les eaux stagnantes que l’on retrouve notamment dans les vieux pneus, les récipients abandonnés, les bidons et les réserves d’eau mal couvertes.
Au Burkina Faso, la maladie a déjà provoqué des épisodes épidémiques importants.
En 2023, le pays avait enregistré environ 154 867 cas et 709 décès.
En 2025, les données sanitaires faisaient état de 17 699 cas probables et 32 décès.
Pour 2026, les données disponibles à la 40e semaine épidémiologique rapportaient 25 780 cas suspects et 17 décès.
Ces chiffres rappellent que la dengue n’est pas une maladie à prendre à la légère. Dans ses formes graves, elle peut entraîner des complications, notamment des hémorragies et un état de choc, qui peuvent mettre la vie du malade en danger.
La prévention ne doit pas s’arrêter aux premières pluies
Au début de la saison des pluies, plusieurs actions d’assainissement et de lutte contre les moustiques sont généralement engagées. Ces initiatives sont importantes pour réduire les lieux de reproduction des moustiques. Toutefois, elles ne peuvent produire des résultats durables sans une participation régulière des populations.
Chaque ménage a un rôle à jouer : vider les récipients contenant de l’eau stagnante, couvrir les réserves d’eau, éliminer les objets abandonnés pouvant retenir l’eau et maintenir les concessions propres. Ces gestes simples doivent devenir des habitudes et non des actions occasionnelles.
Mais au-delà de l’assainissement, il y a aussi un véritable travail de sensibilisation à poursuivre. Les populations doivent apprendre à reconnaître les signes de la dengue, à comprendre ses modes de transmission et surtout à savoir quand consulter un professionnel de santé.
Paludisme ou dengue : attention à la confusion !
La fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires peuvent se retrouver dans les deux maladies. Pourtant, le traitement n’est pas le même. Il est donc dangereux de conclure systématiquement à un paludisme devant une forte fièvre ou de prendre des médicaments sans avis médical.

En cas de suspicion de dengue, une consultation dans un centre de santé est nécessaire. Certains signes, comme les douleurs abdominales intenses, les vomissements persistants et les saignements, nécessitent une prise en charge urgente. L’aspirine et l’ibuprofène sont notamment à éviter en raison du risque de saignement.
La lutte contre la dengue est une responsabilité collective. Les autorités sanitaires, les collectivités, les médias, les associations et les citoyens doivent maintenir leurs efforts. Informer, sensibiliser et assainir régulièrement nos cadres de vie sont autant de moyens de limiter la propagation de la maladie.
La dengue est une maladie qu’il faut prendre au sérieux avant que la situation ne devienne plus difficile à maîtriser. La prévention ne doit pas attendre l’annonce d’une épidémie pour commencer.


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