
Mané, 18 octobre 2026 – La commune de Mané commémore le 130ᵉ anniversaire des batailles d’octobre 1896 dans le Riungu de Boussouma, marquées par la résistance des populations locales face aux forces de la mission Voulet-Chanoine, dans le contexte de la conquête coloniale. La cérémonie connaît une forte mobilisation populaire, en présence du ministre chargé de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, des chefs traditionnels et des autorités locales.

Au cœur de cette commémoration, le devoir de mémoire et la valorisation du patrimoine historique occupent une place centrale. Une conférence consacrée aux événements de 1896 a permis de retracer le déroulement des affrontements et de mettre en lumière le courage des combattants qui se sont opposés aux forces envahissantes.

Le nom de Kiidiga, qui signifie, selon les explications données au cours de la cérémonie, « là où l’on meurt », rappelle la violence des événements survenus sur ce site. Cette appellation témoigne de la place qu’occupe cette bataille dans la mémoire collective des populations du Riungu de Boussouma.

Dans son allocution, le président de la délégation spéciale de Mané a salué la mobilisation des autorités et des populations autour de cet hommage aux résistants de 1896. Il a également exprimé sa reconnaissance au ministère chargé de la Culture pour le choix porté sur la commune pour accueillir cette commémoration, ainsi qu’aux différents acteurs ayant contribué à son organisation.
Des monuments pour inscrire la résistance dans le patrimoine national
Au-delà de la commémoration, les populations par la voix du conférencier ont formulé des doléances visant à donner une traduction concrète à ce devoir de mémoire, à travers la création de lieux de souvenir et de monuments historiques.
Parmi les propositions figure la construction d’un mausolée ou l’érection d’une statue sur la montagne de Silmidga, afin d’honorer la mémoire des résistants et de perpétuer le souvenir de leur combat.
À Sirga, la demande porte sur l’installation d’un monument symbolisant la résistance des populations face aux forces envahissantes. À Birga, l’accent est mis sur la valorisation du rôle d’une femme dont la résistance face aux envahisseurs est conservée dans la mémoire locale. Cette initiative vise à reconnaître la place des femmes dans l’histoire des résistances et à transmettre leur contribution aux générations futures.
Ces propositions traduisent la volonté des populations de faire des lieux associés aux événements de 1896 des espaces de mémoire, de transmission historique et de valorisation culturelle.

La commémoration du 130ᵉ anniversaire des batailles du Riungu de Boussouma pose ainsi la question de la conservation et de la matérialisation de cet héritage. À Mané, l’enjeu est désormais de préserver les récits historiques, de reconnaître les figures de la résistance et d’inscrire durablement leur mémoire dans le patrimoine national.
#Tiwana24 – La Rédaction


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