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JOURNÉE MONDIALE DE L’HABITAT : LOGEMENTS, NOUVELLES CITÉS, VOIRIES, ASSAINISSEMENT… LES GRANDS CHANTIERS QUI REDESSINENT LES VILLES DU BURKINA FASO

Ce lundi 5 octobre 2026, le Burkina Faso célèbre la Journée mondiale de l’Habitat sous le thème « Un logement décent pour tous ». Au-delà du logement lui-même, cette journée pose une question plus large : comment construire des villes capables d’accueillir une population croissante, avec des logements accessibles, des routes, des réseaux d’assainissement, des espaces aménagés et un foncier mieux maîtrisé ? Plusieurs programmes et chantiers engagés ces dernières années donnent un aperçu des réponses actuellement mises en œuvre.

À Ouagadougou comme dans plusieurs villes du pays, la question de l’habitat ne se limite plus à la construction de maisons. Elle touche désormais à l’organisation des quartiers, à la maîtrise du foncier, à la mobilité, à l’assainissement, à la gestion des eaux pluviales et à la capacité des villes à résister aux effets du changement climatique.

C’est dans cette logique que s’inscrit le message livré ce 5 octobre par le ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé. Pour le gouvernement, l’objectif est notamment d’accroître l’offre de logements, restructurer les zones d’habitat spontané, optimiser le foncier et améliorer la planification urbaine.

Des milliers de logements annoncés à travers « Burkina Faso Deenw Ka Soow »

L’un des principaux programmes mis en avant dans la politique nationale de l’habitat est « Burkina Faso Deenw Ka Soow », qui vise notamment à accroître l’offre de logements.

Parmi les projets emblématiques figure la Cité de la Renaissance, à Bassinko, au nord de Ouagadougou. Lancé en juillet 2024, le projet porté par le Centre de gestion des cités (CEGECI) représente un investissement annoncé de 28 milliards de FCFA.

Le projet prévoit des immeubles de type R+3, R+4 et R+5 comprenant des appartements, des espaces commerciaux et récréatifs, ainsi que 300 logements pavillonnaires de types F2, F3 et F4. Le projet avait été présenté comme un élément du programme visant la construction de 50 000 logements d’ici 2028.

Un autre projet de logements sociaux et économiques concerne les sections 495 et 501 du secteur 29 de Ouagadougou. En juillet 2026, le Conseil des ministres a déclaré ce site, d’une superficie d’environ 44 hectares, d’utilité publique urgente afin de permettre sa mobilisation pour un programme immobilier de l’État.

L’enjeu est donc aussi de disposer de foncier mobilisable pour produire des logements dans une ville où la demande continue de progresser.

Construire en hauteur pour limiter l’étalement urbain

Le modèle de développement urbain évolue également.

La SONATUR indique avoir engagé une mutation progressive de son modèle traditionnel d’aménagement et de commercialisation de parcelles vers le développement immobilier.

Cette orientation passe notamment par la construction en hauteur. L’objectif affiché est de contribuer à mieux utiliser l’espace urbain, de limiter l’étalement des villes et de rapprocher les populations des services sociaux de base.

Plusieurs projets immobiliers ont ainsi été lancés, notamment Cissin 2020, Zafara Plazza et la Cité SONATUR de Bindougousso. Selon la SONATUR, l’année 2026 constitue une phase de maturation de ces projets lancés en 2025.

L’organisme prévoit également de nouveaux projets d’aménagement à Ziniaré, Bobo-Dioulasso, Silmiougou et Saaba.

À Komsilga, logement et infrastructures avancent ensemble

Construire un quartier ne signifie pas seulement bâtir des maisons.

Au sud de Ouagadougou, le Relais-cité de Komsilga illustre cette approche. Les travaux lancés en août 2026 comprennent 5,5 kilomètres de voirie bitumée en 2×2 voies, avec terre-plein central, ainsi que 13,5 kilomètres de caniveaux et un bassin de rétention.

L’objectif est notamment d’améliorer l’accès au site, le drainage des eaux pluviales et la résilience face aux risques d’inondation.

Cette approche traduit une évolution importante : un logement décent suppose aussi un environnement urbain capable de permettre aux habitants de circuler, d’évacuer les eaux et d’accéder aux différents services.

Bobo-Dioulasso, Kaya et Ouahigouya : les villes secondaires au cœur des aménagements

La transformation urbaine ne concerne pas uniquement la capitale.

À travers le Projet de mobilité et de développement urbain des villes secondaires (PMDUVS), plusieurs interventions sont menées notamment à Bobo-Dioulasso, Kaya et Ouahigouya.

Le volet assainissement constitue l’un des chantiers importants. En avril 2025, le gouvernement a lancé un projet de construction d’ouvrages d’assainissement et de drainage des eaux pluviales dans ces trois villes, pour un financement annoncé de 33 milliards de FCFA, avec l’appui de la Banque mondiale.

L’objectif affiché est notamment de lutter contre les inondations récurrentes et d’améliorer les conditions de vie dans les zones urbaines concernées.

À Ouahigouya, des travaux financés dans le cadre du PMDUVS étaient encore suivis sur le terrain en juin 2026. Ils portent notamment sur l’assainissement, la mobilité urbaine et la résilience de la ville face aux intempéries.

L’ambition est ainsi de faire des villes secondaires des pôles urbains mieux équipés, capables d’offrir davantage de services et d’opportunités aux populations.

Faso Mêbo intervient aussi dans la transformation du cadre urbain

À côté des programmes directement liés au logement, l’Agence Faso Mêbo participe également à la transformation du cadre de vie et des infrastructures urbaines.

L’initiative Faso Mêbo, adoptée en 2024, a été transformée en agence publique en janvier 2026. Sa mission couvre notamment le désenclavement et les grands chantiers d’infrastructures à travers le territoire national.

Les projets recensés sur sa plateforme comprennent notamment des opérations de pavage, d’élargissement de voies et d’embellissement dans différentes villes.

À Koupéla, Tenkodogo et dans d’autres localités, des opérations de pavage et d’aménagement urbain figurent ainsi parmi les interventions recensées en 2026.

Ces travaux ne constituent pas directement des programmes de logements, mais ils participent à la transformation de l’environnement dans lequel vivent les populations.

Le foncier, l’autre grand défi

Derrière la question du logement se trouve une autre problématique : celle du foncier.

Le gouvernement entend poursuivre les réformes visant à mieux maîtriser et optimiser le foncier public, tout en luttant contre l’occupation anarchique et en favorisant des formes urbaines moins consommatrices d’espace.

Le ministère travaille également sur la restructuration des zones d’habitat spontané et l’apurement du passif foncier urbain.

À mi-parcours de 2026, le projet pilote était notamment mis en œuvre dans l’arrondissement 7 de Ouagadougou et l’arrondissement 5 de Bobo-Dioulasso, avec une perspective d’extension à d’autres localités.

Cette question est essentielle : produire de nouveaux logements sans résoudre les problèmes de planification, de sécurisation foncière et d’équipement des quartiers ne suffirait pas à répondre durablement aux besoins urbains.

Construire avec les matériaux et les compétences du Burkina

Dans son message à l’occasion de la Journée mondiale de l’Habitat, le ministre Mikaïlou Sidibé insiste également sur la nécessité de construire autrement.

L’objectif affiché est de davantage prendre en compte la résilience climatique, l’efficacité énergétique et la gestion des eaux pluviales, mais aussi de valoriser les matériaux locaux, les artisans, les professionnels et les entreprises burkinabè.

Cette orientation rejoint la question plus large du coût du logement : comment construire davantage, mais aussi comment construire des logements adaptés aux revenus des ménages ?

Le défi est donc double : augmenter l’offre tout en développant des modèles de construction reproductibles et accessibles.

De la maison à la ville : un changement d’échelle

Les différents projets montrent que la politique de l’habitat dépasse désormais la seule construction de logements.

À travers les programmes engagés, plusieurs dimensions sont désormais liées : logement, foncier, voirie, assainissement, drainage, mobilité, espaces urbains et résilience climatique.

La question posée en cette Journée mondiale de l’Habitat est donc celle de la ville que le Burkina Faso veut construire dans les prochaines années.

Une ville où les logements sont disponibles, mais aussi où les quartiers sont planifiés ; où les routes permettent la mobilité ; où les eaux pluviales sont mieux maîtrisées ; où le foncier est sécurisé ; et où les villes secondaires disposent elles aussi des infrastructures nécessaires à leur développement.

Pour le ministre de la Construction de la Patrie, cette transformation doit finalement permettre de faire du logement et des villes des leviers de dignité, de développement endogène et de souveraineté.

Le chantier est donc plus vaste que la construction de maisons : il s’agit progressivement de construire des villes dans lesquelles les Burkinabè pourront vivre, travailler et se développer dans de meilleures conditions.

Tiwana24 – La Rédaction


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