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🚹 Rupture de gaz Ă  Ouagadougou : ce que l’on sait rĂ©ellement

Depuis plusieurs annĂ©es, les habitants de Ouagadougou et d’autres villes du Burkina Faso rencontrent rĂ©guliĂšrement des difficultĂ©s pour s’approvisionner en gaz butane. Dans plusieurs quartiers, les mĂ©nages sont contraints d’attendre des semaines, voire de passer la nuit devant les dĂ©pĂŽts des distributeurs agréés pour espĂ©rer obtenir une bouteille.

Face aux plaintes rĂ©pĂ©tĂ©es de la population, la SONABHY (SociĂ©tĂ© nationale burkinabĂš d’hydrocarbures) a tenu Ă  clarifier la situation. AprĂšs consultation de ses stocks et une analyse prĂ©visionnelle dĂ©taillĂ©e, la sociĂ©tĂ© affirme qu’il n’existe aucune rupture de stock au niveau national.

Dans un reportage diffusé le 13 janvier 2026 sur la télévision nationale, Jonas Sango, Directeur du dépÎt SONABHY de Bingo, a formellement démenti toute pénurie interne :

« Il n’y a aucune rupture de stock. La mise Ă  disposition du gaz butane sur le marchĂ© est permanente. Nous mettons tout en Ɠuvre pour rĂ©soudre dĂ©finitivement les difficultĂ©s constatĂ©es. »

Il reconnaĂźt toutefois que des manques ponctuels peuvent ĂȘtre observĂ©s par endroits :

« Nous ne disons pas qu’il n’y a pas un manque de gaz par endroit, mais nous estimons qu’à ce jour nous arrivons Ă  rĂ©pondre Ă  la demande malgrĂ© quelques difficultĂ©s. »

Selon lui, depuis novembre 2024, le dépÎt de Bingo a renforcé ses capacités avec la mise en service de deux nouvelles lignes de remplissage. Grùce à ces installations, la capacité de livraison est passée de 400 à 600 tonnes de gaz par jour.

Les Ă©quipes du site travaillent dĂ©sormais 24h/24 et 7j/7 afin d’assurer un approvisionnement continu du marchĂ©. La SONABHY indique Ă©galement avoir enregistrĂ© en 2025 une hausse de 18 % de ses approvisionnements.

Alors, pourquoi le manque persiste-t-il ?

Si la SONABHY affirme disposer de stocks suffisants, la réalité sur le terrain reste toute autre pour les consommateurs. Selon plusieurs sources, la pénurie actuelle serait en grande partie artificielle.

Des individus et certains intermĂ©diaires procĂ©deraient Ă  des pratiques de stockage spĂ©culatif : ils conservent volontairement d’importantes quantitĂ©s de gaz pour crĂ©er une raretĂ© sur le marchĂ©, avant de le remettre en circulation Ă  des prix plus Ă©levĂ©s.

Le directeur du dĂ©pĂŽt de Bingo reconnaĂźt d’ailleurs que la SONABHY ne maĂźtrise pas totalement ce qui se passe aprĂšs la sortie des produits de ses entrepĂŽts :

« Au niveau des marketeurs, nous ne maĂźtrisons pas ce qui se passe, puisqu’ils servent d’intermĂ©diaires entre la SONABHY et la population. »

Ainsi, malgré une production jugée suffisante par les autorités, le véritable problÚme se situerait davantage dans le circuit de distribution et dans les pratiques de certains acteurs du secteur.

Officiellement, il n’y a pas de rupture de stock Ă  la SONABHY. Le dĂ©fi semble plutĂŽt liĂ© Ă  la gestion du rĂ©seau de distribution et Ă  des phĂ©nomĂšnes de spĂ©culation. En attendant des mesures plus strictes, les consommateurs continuent malheureusement d’en subir les consĂ©quences.


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