
La rĂ©cente restitution du tambour parleur ivoirien Djidji AyokwĂȘ par la France suscite une vive polĂ©mique sur les rĂ©seaux sociaux. Plusieurs internautes mettent en doute lâauthenticitĂ© de lâobjet remis aux autoritĂ©s ivoiriennes, Ă©voquant des diffĂ©rences notables avec les archives historiques.

ConservĂ© pendant plus dâun siĂšcle au MusĂ©e du quai Branly â Jacques Chirac Ă Paris, le Djidji AyokwĂȘ avait Ă©tĂ© saisi en 1916 durant la pĂ©riode coloniale.
Sa restitution Ă la CĂŽte dâIvoire marque une Ă©tape importante dans le processus de retour des biens culturels africains conservĂ©s en Europe. Au-delĂ de sa valeur patrimoniale, le tambour est un symbole spirituel et politique majeur pour le peuple ĂbriĂ© (Atchan), oĂč il servait dâinstrument de communication communautaire.
Depuis la cĂ©rĂ©monie officielle, des comparaisons circulent en ligne entre des photographies anciennes et lâobjet restituĂ©. Les critiques portent principalement sur :
Une courbure jugĂ©e diffĂ©rente de celle visible sur les archives ; Une apparence du bois considĂ©rĂ©e comme âtrop rĂ©centeâ ; Des Ă©lĂ©ments sculptĂ©s qui sembleraient altĂ©rĂ©s.
Pour certains observateurs, ces diffĂ©rences alimentent lâhypothĂšse dâune rĂ©plique plutĂŽt que de lâoriginal saisi au dĂ©but du XXe siĂšcle.
Restauration ou reproduction ?
Dans les milieux muséaux, il est courant que des objets anciens subissent des interventions de conservation : traitement contre les insectes, consolidation du bois, stabilisation de fissures ou nettoyage.
Ces restaurations peuvent modifier lâaspect visuel dâun artefact sans remettre en cause son authenticitĂ©. Les institutions conservent gĂ©nĂ©ralement des dossiers dĂ©taillĂ©s (numĂ©ro dâinventaire, rapports techniques, photographies dâĂ©poque) permettant dâassurer la traçabilitĂ© de lâobjet.
Ă ce stade, aucune communication officielle nâa confirmĂ© quâil sâagirait dâune copie.
Un dĂ©bat qui dĂ©passe lâobjet
Cette controverse intervient dans un contexte sensible de restitution post-coloniale. La question de lâauthenticitĂ© dĂ©passe le cadre technique : elle touche Ă la mĂ©moire historique, Ă la souverainetĂ© culturelle et Ă la confiance entre Ătats.
Pour de nombreux citoyens, la transparence totale sur lâĂ©tat de conservation et lâhistorique de lâobjet est essentielle afin dâĂ©viter toute suspicion.
Afin dâapaiser les tensions, plusieurs voix appellent Ă :
La publication complÚte des archives de conservation ; Une expertise scientifique indépendante (analyses matérielles, datation du bois) ; Une comparaison officielle documentée avec les photographies historiques.
En attendant des éléments techniques probants, la polémique reste alimentée par des analyses visuelles et des débats en ligne.
Wendbenedo – Tiwana24



Laisser un commentaire