Le Burkina Faso a franchi un nouveau cap dans la reconnaissance de ses institutions traditionnelles. Le mercredi 14 janvier 2026, l’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté le projet de loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle.

Réunis en séance plénière, les députés ont examiné le texte défendu par le ministre d’État, ministre en charge de l’Administration territoriale, Émile Zerbo. Le projet de loi a été adopté par 71 votants.
Une loi structurée en 6 chapitres
La loi adoptée est composée de six chapitres répartis en 43 articles.
Les deux premiers chapitres portent sur :
les dispositions générales ; les attributions ; l’organisation et le fonctionnement de la chefferie coutumière et traditionnelle.
Qui est reconnu comme autorité coutumière ?

Selon la loi, une autorité coutumière ou traditionnelle est définie comme un pouvoir de gestion des cultes et spiritualités ancestrales et de gouvernance politique, judiciaire, sociale et économique d’une communauté sur un territoire, selon les coutumes et traditions, ou la personne investie de ce pouvoir.

Sont officiellement reconnus comme chefs coutumiers ou traditionnels :
les rois et leurs ministres ; les émirs ; les chefs de cantons ; les chefs de villages ; les chefs de terre ; les chefs cultuels.
Sur le plan social, la chefferie traditionnelle contribue :
à la promotion de la paix ; à la prévention et à la gestion des conflits communautaires ; à la gestion des crises sociales et humanitaires.
Ces missions confirment le rôle central des chefs traditionnels dans la cohésion sociale, surtout dans les communautés rurales.
Sur le plan culturel, la loi reconnaît à la chefferie traditionnelle un rôle clé dans :
la sauvegarde et la promotion des savoirs endogènes ; la défense des coutumes et traditions ; la transmission des valeurs fondatrices des communautés, dans le respect de la Constitution et des lois en vigueur.
La loi précise également que la chefferie coutumière contribue :
à la promotion des valeurs de la République et des emblèmes nationaux ; à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques ; à la mobilisation des communautés pour les programmes et projets de développement.
Sur le plan économique, elle participe :
à la promotion de l’économie sociale et solidaire ; à l’inclusion financière ; au développement de l’artisanat, de l’agriculture et de l’élevage ; à la préservation de l’environnement et du cadre de vie.
En matière judiciaire, la chefferie traditionnelle est appelée à :
mettre en œuvre les mécanismes traditionnels de gestion des conflits ; contribuer au règlement des différends, en soutien au pouvoir judiciaire moderne.
La loi prévoit que chaque chefferie s’organise et fonctionne selon ses us et coutumes, dans le respect des lois et règlements du Burkina Faso.
Elle institue également :
une structure de coordination de la chefferie coutumière et traditionnelle ; un registre officiel des chefs coutumiers et traditionnels, afin d’éviter les contestations et les auto-proclamations.
Avec l’adoption de cette loi, le Burkina Faso affirme sa volonté de réconcilier traditions et République
Ce texte pose les bases d’une meilleure reconnaissance des autorités traditionnelles et d’une collaboration plus claire entre l’État et les chefferies, au service de la paix, de l’unité nationale et du développement.



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